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Propagandes en démocratie

Un numéro de la revue Quaderni (Printemps 2010, N°72)

publié le vendredi 9 juillet 2010

Domaine : Science politique

Sujets : Politique

     

Par Guillaume Goasdoué [1]

La revue Quaderni s’intéresse à la communication, aux technologies et au pouvoir. Elle consacre son numéro 72 (printemps 2010) à la propagande politique. A-t-elle conservé ses formes ? Quelle est son efficacité dans les régimes pluralistes ? Et quelle est la pertinence des critiques qui lui sont adressées ?

Dans l’avant propos Emmanuel Taïeb revient sur l’utilisation du mot « propagande » à travers les écrits de nombreux auteurs (Domenach, Tchakhotine, Ellul, Breton, Bernays, Durandin, Augé, Salmon, ...) dont il discute les postures. Au delà des contextes et des époques, E. Taïeb retrace les spécificités des approches qui privilégient diversement les sources (États, entreprises, médias), les supports ou les contenus et leurs effets. Il regrette le manque de finesse terminologique qui permettrait de rendre plus clair la distinction entre les notions de « propagande », « désinformation », « intoxication », « persuasion », « communication », ou « information ». Il rappelle le processus de péjoration du terme « propagande » qui renvoie au raccourci classique : « au totalitarisme la propagande, aux démocraties la communication politique ». Enfin la question de la réception et les considérations méthodologiques sont opposées à ceux qui usent, et abusent pense-t-il, du vocable de la conspiration.

Clara Lamireau s’intéresse dans son article à une des composantes du mouvement des « barbouilleurs » de publicité. Elle choisit d’aborder la question par l’angle des pratiques protestataires comme « répertoire d’action » (Tilly) face au discours publicitaire dans l’espace physique de la ville. Quelles sont les conditions pour que ces « actes d’écriture » soient performatifs (Austin) ? On y apprend, dans le cas du collectif des « déboulonneurs » que le cadre d’intervention, de type cérémoniel (Goffman), est méticuleusement pensé en fonction des conséquences judiciaires, publiques et médiatiques. Un prochain article fournira sans doute des éléments quant aux résultats obtenus (ou non) par ces actions.

L’article de Benjamin Berut prend pour sujet le livre de Christian Salmon (Storytelling, 2007) dont il ne partage pas la démarche puisque le propos viserait moins, selon lui, à définir le storytelling qu’à discréditer « le néolibéralisme et l’administration Bush ». B. Berut propose de dépolitiser le terme pour mettre à jour la place que les narrations peuvent jouer dans les imaginaires, les croyances et la définition des valeurs d’une société. La difficulté réside dans la méthode à privilégier pour circonscrire un périmètre d’étude, des types de matériaux observables et l’échelle de réception (individu, groupe, société).

La contribution de Geoffrey Geuens examine les discours sur le néolibéralisme et sa critique à travers lesquels il voit se superposer - voire se substituer - les termes de « propagande » et de « pensée unique ». Il passe en revue les productions d’un « champ médiatico-intellectuel » (Chomsky, Ramonet, Minc, Forrester, Attali, Kahn, ...) où les orthodoxes et les hétérodoxes partagent finalement, selon lui, « une même adhésion tacite à la doxa qui délimite leur concurrence ».

Le texte d’Aurélie Olivesi se place sur le terrain de l’analyse lexicale. A partir d’une étude de la presse (Le Figaro, Le Monde et Libération) au cours des six mois précédents la présidentielle de 2007 elle revient sur la circulation des termes qui ont participé au « procès en incompétence » à l’encontre de la candidate Ségolène Royal. Qui sont, se demande-t-elle, les principaux énonciateurs et comment s’opère la conjonction entre questionnement sur la compétence et représentation du genre ?

Fabrice D’Almeida interroge les rapports que la vie privée entretient avec la (dé)légitimité politique. Après un retour sur l’invention de la vie privée il rappelle certains épisodes plus ou moins connus du « théâtre du pouvoir » et les conséquences que certaines révélations ont pu avoir sur la vie politique.

Dans son article sur la politique du discours (qui prône une lecture communicationnelle des activités du gouvernement) Caroline Ollivier-Yaniv revient sur l’évolution récente de « l’État communiquant ». L’auteure met en avant la façon dont l’activité communicationnelle répond à des idéaux normatifs de la démocratie. Elle détaille ainsi le processus de rationalisation de la mise en visibilité de l’activité gouvernementale en prenant comme exemple le SIG (Service d’information du gouvernement). La thèse défendue veut que la communication est une composante de l’action politique « et non son ornement ».

Dans la partie hors dossier de ce numéro Dominique Pagès livre un texte qui prolonge ses précédents écrits sur le thème des territoires numériques. Elle questionne la place de la culture numérique dans l’affirmation des territoires et de leur capacité à créer du « vivre ensemble ». Les services numériques (géolocalisation, réalité augmentée, ...) peuvent-ils aider à ce que ces territoires « ne soient pas que des étendues illimitées de lieux sans liens, et de liens sans lieux ? ». Quelques exemples viennent illustrer les écarts qui existent entre des services fonctionnels qui conduiraient à une « solitude augmentée » et des lieux numériques collaboratifs qui participeraient aux sociabilités de proximité. Le deuxième article hors dossier, celui de Michel Mathien, traite de l’avenir des journalistes dans la modernité des innovations technologiques. Non sans rappeler les différents aspects de la crise du métier l’auteur analyse la position de ceux qu’il appelle « professionnels » face aux « amateurs, aux occasionnels et aux propagandistes en tout genre » du web. Au delà d’une description de la « Toile » qui manque de nuances ou d’exemples concrets, l’auteur met l’accent sur la nécessité de retrouver « les fonctions sociales exercées par chaque type de médias ».

NOTES

[1ATER-Doctorant,IFP-ParisII,laboratoire CARISM

Note de la rédaction

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