L’apparition des sciences sociales est communément considérée comme un
phénomène récent. Elles auraient émergé au cours du XIXe siècle, mais
leur essor véritable ne daterait que du siècle suivant. Les
professionnels et les profanes partagent cette représentation, qui est
aussi très appréciée des historiens.
Ce livre entreprend de lever le voile sur la genèse de ces disciplines
et leurs conditions de possibilité. Ce faisant, il renouvelle notre
vision de la vie intellectuelle en France, du siècle de Louis XIV à la
IIIe République. De cette histoire que l’on croyait connaître
(moralistes classiques, philosophes des Lumières, savants
révolutionnaires, écrivains romantiques, penseurs positivistes, etc.),
il propose un récit neuf qui rend raison des innovations conceptuelles
en les faisant émerger des transformations sociales, institutionnelles
et politiques du monde intellectuel.
Dans son parcours, il revisite les auteurs canoniques, de Montesquieu à
Auguste Comte, les arrachant au passage à des catégorisations de sens
commun imposées par certaines traditions académiques de l’histoire des
idées.
L’auteur
Sociologue nourri des idées de Pierre Bourdieu et de Norbert Elias,
chercheur au CNRS rattaché au Centre de sociologie européenne de Paris
et professeur associé à l’université Érasme aux Pays-Bas, Johan Heilbron
a notamment publié Pour une histoire des sciences sociales (avec Remi
Lenoir et Gisèle Sapiro, Fayard, 2004).
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