actualités.annuaire.agenda.lettre

vendredi 3 septembre 2010 10:45
ABONNEZ-VOUS !
Recevez chaque mois, dans la lettre de liens socio, une synthèse complète de l'actualité des sciences sociales...
je m'abonne
je me désabonne
email 
Le premier numéro de la revue Sociologie est paru           L’état des inégalités en France 2009. Données et analysesUn ouvrage coordonné par Louis Maurin et Patrick Savidan (Belin, Observatoire des inégalités, 2008)           Lecteurs de Revues.org, qui êtes-vous ?Questionnaire en ligne           Les revues de sciences humaines et sociales doivent-elles être classées ?           Pour la défense du service public d’enseignement et de recherche, Liens Socio s’arrête aussi !           Le travail de l’utopie : Godin et le Familistère de GuiseUn ouvrage de Michel Lallement (Paris, Belles Lettres, coll. "L’Histoire de Profil", 2009)           Université : pas de normalisation par le basUne pétition en ligne initié par un collectif pluridisciplinaire d’enseignants-chercheurs           Le prix lycéen du livre d’économie et de sociologie 2008 est attribué à Pietra RivoliParticipez dès maintenant avec vos élèves au prix 2009 !           Pour la défense conjointe des SES dans le secondaire et des sciences sociales à l’UniversitéAppel à signatures
   
 

rubriques
Actualités
Multimédia
Télé, radio, ciné...
Lectures
Rencontres
Appels d’offres
Appels à contributions
Bourses et prix
Emplois, postes
Expositions
Opinions
Idées

publié dans la rubrique
"Lectures"
le mercredi 28 juillet 2010

Penser les mouvements sociaux. Conflits sociaux et contestation dans les sociétés contemporaines
Un ouvrage sous la direction de Olivier Fillieule, Eric Agrikoliansky et isabelle Sommier (La découverte, Coll "Recherches", 2010)

Par Elise Roullaud [1]

Penser les mouvements sociaux n’est pas un nouveau manuel qui dresserait le panorama des diverses théories portant sur l’action collective [2]. En effet, les auteurs [3] de cet ouvrage prennent le parti de s’arrêter sur le paradigme de la contentious politics [4] qui domine largement ce champ d’étude en reprenant les outils analytiques développés par les tenants de cette approche. Les chapitres s’articulent donc autour des concepts clés de ce paradigme tels que le « répertoire d’action » (O. Fillieule), la « structure des opportunités politiques » (L. Mathieu), celui des « organisations et des ressources » (E. Pierru) ou bien encore les « cadrages » (J-G. Contamin). Les questions de la transnationalisation des mouvements sociaux (J. Siméant) ainsi que de leur diffusion (I. Sommier) sont également développées. A ces classiques des études sur les mouvements sociaux, des contributions développant des axes d’analyse plus originaux viennent s’ajouter, comme celle d’Isabelle Sommier sur la « dimension affectuelle » des mobilisations collectives ou bien celle sur l’identité collective de Michael Voegtli.

Car tel est l’intérêt premier de cet ouvrage : les auteurs dressent un bilan critique du paradigme dominant de la contentious politics, à l’heure où celui-ci semble avoir atteint ses limites, tout en s’efforçant d’en tirer de nouveaux agendas de recherche. Le deuxième point fort de cet ouvrage collectif est d’offrir au lecteur un panorama large et diversifié, tant du point de vue des méthodes que des terrains, des recherches portant sur les mobilisations collectives. Cela se retrouve notamment dans la bibliographie finale, outil fort utile pour toutes personnes s’intéressant à ce sujet. Il est d’ailleurs à noter qu’une large place est donnée à la littérature française la plus récente. Face à la domination des Anglo-saxons (« l’industrie lourde de la recherche anglo-saxonne » p. 10), les auteurs défendent la particularité méthodologique et l’originalité des objets d’étude des recherches [« artisanales » p. 10] françaises. En privilégiant les approches qualitatives aux quantitatives, les chercheurs français permettraient « d’explorer réellement de nombreuses pistes esquissées en théorie mais peu investies en pratique » (p. 10). Nous l’aurons compris, Penser les mouvements sociaux est également un moyen d’affirmer la place et le positionnement des travaux français dans ce domaine d’étude.

Les sept premiers chapitres sont consacrés aux concepts clés du paradigme de la contentious politics susmentionnés. L’on peut légèrement regretter que certains propos tenus dans ces chapitres soient déjà connus dans la mesure où les auteurs reprennent les arguments critiques qu’ils ont pu développer dans d’autres publications [5]. Néanmoins, le regroupement de ces contributions dans un même ouvrage leur permet de dialoguer et de retirer des pistes de réflexions méthodologiques convergentes : l’analyse doit laisser une place importante à une contextualisation fine des actions observées ainsi qu’à la perception des acteurs. Dans leur contribution, Didier Chabanet et de Marco Giugni font un retour éclairant sur les conséquences des mouvements sociaux en les différenciant selon leur type d’impact : les conséquences politiques, culturelles et celles sur les acteurs des mouvements sociaux.

Les six dernières contributions se focalisent sur des approches qui ont été peu abordées par la contentious politics. O. Fillieule et B. Pudal reviennent sur les évolutions de la sociologie du militantisme en décrivant les pistes de recherche actuelles et à venir sur l’engagement. I. Sommier redonne toute sa légitimité aux émotions dans l’analyse des mouvements sociaux, dimension longtemps occultée car reléguée à l’irrationnel. L’étude de la dimension affectuelle des mouvements sociaux apporterait cependant de nouveaux éclairages sur l’entrée dans l’engagement mais également sur la constitution et le maintien d’un groupe. Ces problématiques sont également au centre de la réflexion menée par M. Voegtli sur la question de l’identité collective. Éric Agrikoliansky revient quant à lui sur les usages protestataires du droit et soulève ainsi la question des types d’acteurs et d’action jugés légitimes pour l’étude des mouvements sociaux. Question qui, à notre sens, est au cœur du renouvellement de cette sous-discipline. Le rôle des médias dans les mobilisations collectives est analysé par Erik Neveu en déconstruisant les rapports qu’entretiennent ces derniers avec les acteurs des mouvements sociaux. En ouverture, il interroge le poids d’internet dans le renouvellement de l’action collective. M. Offerlé conclut cet ouvrage en invitant à une pratique socio-historique des mobilisations collectives.

[1] Doctorante en Science politique à l’Université Lyon 2 et membre du laboratoire Triangle (UMR 5206) et du LER (Laboratoire d’Etudes Rurales, EA 3728/Usc INRA 2024)

[2] Pour cela, nous pouvons nous reporter à : Cefaï Daniel, Pourquoi se mobilise-t-on ? Les théories de l’action collective, Paris, la Découverte, 2007, 727 p. ; Fillieule Olivier, Péchu Cécile, Lutter ensemble : les théories de l’action collective, Paris, l’Harmattan, 1993, 221 p. ; Mathieu Lilian, Comment lutter ? Sociologie et mouvements sociaux, Paris, Textuel, 2004, 206 p.

[3] Olivier Fillieule, Eric Agrikoliansky et Isabelle Sommier en sont les directeurs.

[4] McAdam Doug, Tarrow Sidney, Tilly Charles, Dynamics of contention, Cambridge, Cambridge University Press, 2001.

[5] Notamment Fillieule Olivier, « Requiem pour un concept. Vie et mort de la notion de structure des opportunités politiques », in Dorronsoro Gilles [dir.], La Turquie conteste. Mobilisations sociales et régime sécuritaire, Paris, CNRS éditions, 2005, pp. 201-218 ; Mathieu Lilian, « L’espace des mouvements sociaux », Politix, vol. 1, n° 77, 2007, pp. 131-151.


Cet article a déjà été consulté par 735 visiteurs.



Forum



Votre discipline
  • Sociologie


  • Votre sujet
  • Mouvements sociaux


  • A lire aussi dans la rubrique "Lectures" :
  • La tyrannie du "bien vieillir"
    Un ouvrage de Michel Billé et Didier Martz (Le bord de l’eau, coll. "Clair & Net", 2010)
  • Apprendre avec les technologies
    Sous la direction de Bernadette Charlier et France Henri (Puf, coll. "Apprendre", 2010)
  • Les mères lesbiennes
    Un ouvrage de Virginie Descoutures (Puf, Le Monde, coll. "Partage du savoir", 2010)
  • Petite sociologie de la signalétique. Les coulisses des panneaux du métro
    Un ouvrage de Jérôme Denis et David Pontille (Presses de l’Ecole des mines, coll. "Sciences sociales", 2010)
  • Les problèmes théoriques de la vulgarisation scientifique
    Un ouvrage de Baudouin Jurdant, (Editions des archives Contemporaines, coll. "ERSTU", 2009)
  • La santé au travail à l’épreuve des nouveaux risques
    Un ouvrage coordonné par Nathalie Dedessus-Le-Moustier et Florence Douguet (Lavoisier, coll. "Sciences du risque et du danger", série "Innovations", 2010)
  • Une théorie empirique de la justice sociale
    Un ouvrage de Michel Forsé et Maxime Parodi (Hermann, 2010)




  • catégories

    coups d'oeil
    nouveaux sites
    meilleurs sites
    sites les + visités
    lyon socio
    spécial lycée


















    conception et administration :
    copyright © liens socio 2010 - présentation - partenaires
    site mis à jour le 03.09.10 - 1520365 pages consultées depuis le 18 février 2002

    liens socio est réalisé avec Spip, Php et MySql, et est hébergé par Appli-Box

    accueil | haut de la page

    espace administrateur :