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Décrire la violence

Un numéro de la revue Tracés (N°19, 2010/2)

publié le jeudi 10 février 2011

Domaine : Histoire , Science politique , Sociologie

Sujets : Violence

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Par Joseph Owona Ntsama [1]

S’il est relativement aisé de procéder à une description empirique de la violence, notamment via le tropisme d’une sociologie des mœurs ou d’une anthropologie situationniste, essayer d’en dégager une phénoménologie à la jonction de plusieurs disciplines, se révèle, en revanche, une entreprise extrêmement complexe mais non moins exaltante ! Et cette difficulté est davantage accrue lorsqu’il s’agit d’en dégager les contours épistémologiques dans un ouvrage collectif, c’est-à-dire à travers une pensée plurielle qui est la résultante de diverses perceptions et de sensibilités, donc qui ne s’assume pas singulièrement a priori. En effet, entre les articles, les notes, les traductions et enfin les entretiens contenus dans cet intéressant numéro de la revue Tracés consacrés uniquement aux ressorts sociologiques et esthétiques qui participent de la contextualisation de la violence dans le temps, on constate que la diversité de ces « supports » de réflexion ne rendent pas facile la compréhension -par exemple- de ce type de tsunami social que l’on observe actuellement au Maghreb (Tunisie, Egypte et Algérie consécutivement aux difficultés plurielles liées à la vie chère notamment), ou il y a quelques mois aux Etats-Unis et en Europe (notamment en France, en Grèce, en Angleterre… pays dont la crise financière et économique provoquée par la crise des Subprimes a littéralement explosé les finances publics et partant de tout l’ethos social). Il s’agit, et pour le cas express, d’un phénomène dont la violence des manifestations publiques peut laisser perplexe. Rien à voir bien sûr avec cet autre type de violence observée en tant de guerre (génocides, pillages), ou plus subtile telle que l’on peut observer dans la littérature (de combat), le cinéma (engagé) dans la peinture d’un Basquiat ou les musiques urbaines actuelles (Rap, Hip Hop, Slam…). Mais en fait qu’est-ce que la violence en tant que paradigme tant qu’il est évident qu’il existe bien d’autres formes, disons moins démonstratives sociologiquement, de celle-ci, comme la « violence symbolique » de Bourdieu ? Quelles en sont les éléments fondamentalement structurateurs en dehors des manifestations sociologiques de « violences singulières » (p. 5) comme celles que nous évoquions tantôt ? Et au cas où on réussirait à la singulariser, quel en serait « l’horizon indépassable » (dixit Sartre) si elle n’en constitue pas déjà un, en-soi, en l’occurrence, sur le plan métaphysique ? Il faut préciser que c’est la nature complexe du paradigme étudié qui justifie cette sorte de regard croisé qui se voudrait bien au-delà du travail empirique des journalistes. C’est ce qui va permettre de rendre compte le plus rationnellement possible une description d’ensemble qui ne biaiserait pas sur certains facteurs déterminants à la compréhension de la sociogenèse de la violence.

Pour une épistémologie de la violence

A la lecture de cette compilation de textes, il apparaît donc que la violence est un tout complexe qui doit être saisi de manière systémique. Chacune des rubriques de ce numéro en permet une perception singulière. Et c’est ce qui rend ce travail d’ensemble intéressant parce qu’il a la prétention d’aller bien au-delà de la simple description en intégrant et assumant en aval les problématiques complexes du comment au/et pourquoi de la violence (pp. 29-138) ; celles relatives à la systématisation de la violence, précisément en son processus de sociation (pour emprunter le concept de Simmel) à l’intérieur du temps long, sur l’affect politique comme source d’une esthétique de la violence dite « révolutionnaire » (pp. 141-169) ; sur sa construction sociale et intellectuel et son opérationnalisation dans le champ sociopolitique, historique et géostratégique européen d’après Charles Tilly (pp. 173-214) ; enfin, on aura une réflexion épistémologique sur la cruauté via le tropisme de la philosophie politique et d’une perception postmoderne quant aux concepts qui la traduisent désormais selon Etienne Balibar, et l’apport de la sociologie interactionniste et intégrative à axiomatiser le phénomène de la violence plus que jamais complexe selon Randall Collins (pp. 217-255). Etudier, afin de décrire le phénomène de la violence, n’a donc rien d’un fleuve tranquille ! Au final on a un travail d’équipe fort stimulant, quoique complexe et utilement complémentaire, qui devra faire le bonheur des chercheurs, des enseignants et des étudiants portés sur la question.

NOTES

[1Historien, FPAE - Cameroun

Note de la rédaction

Cécile Lavergne et Anton Perdoncin, les coordinateurs de ce numéro de la revue Tracés, ont souhaité répondre à l’auteur de ce compte rendu. Vous pouvez découvrir cette réponse à l’adresse suivante : http://www.liens-socio.org/Decrire-la-violence,7094.

À lire aussi dans la rubrique "Lectures"

Une réponse de José Luis Moreno Pestaña au compte rendu de Pierre-Alexis Tchernoivanoff
Un ouvrage de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Payot & Rivages, Coll " Essais Payot", 2009)
Une réédition de l’ouvrage de Katharine Macdonogh (Payot & Rivages, Coll "Petite Bibliothèque Payot", 2011)

À lire sur les mêmes sujets...

Violence

Un ouvrage de Williams Nuytens (PU Rennes, coll. "Des Sociétés", 2001)
Une réponse de Cécile Lavergne et Anton Perdoncin au compte rendu de Joseph Owona Ntsama
Un ouvrage sous le direction de Abou Ndiaye et Dan Ferrand-Bechmann (Desclee de Brouwer, Coll " L’Epoque en débat", 2010)
Un ouvrage de Nicolas Mariot et Claire Zalc (Odile Jacob, 2010)

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